
À Paris, l’Académie des Petits Musiciens propose une approche unique mêlant musique, anglais, couleurs, mouvement et imagination. Derrière ce projet pétillant et hautement pédagogique, deux musiciennes concertistes passionnées, Aigerim Matayeva-Blanchart et Aigerim Shuster, qui organisent également la production de spectacles au Théâtre de la Tour Eiffel. Ensemble, elles ont conçu une méthode où les enfants apprennent avant tout sans pression… presque sans s’en rendre compte.
Top Maman : l’Académie des Petits Musiciens parle trois langues : le français, l’anglais… et la musique. Pourquoi ce choix ?
Aigerim Matayeva-Blanchart : « Parce que la musique est probablement le langage le plus naturel pour un enfant. Avant même de parler, un bébé réagit aux sons, aux rythmes, aux berceuses. Nous avons voulu créer une école où la musique classique devient accessible, joyeuse et concrète. Selon nous, les notes ont des couleurs, des personnages, des histoires. Une note peut alors devenir une reine orange avec une couronne ! Les enfants jouent, bougent, imaginent… et apprennent en même temps. »
Vous accueillez des enfants dès le plus jeune âge. Que peut apporter la musique à un tout-petit ?
« Énormément de choses. La musique stimule l’écoute, la motricité, l’attention, mais également les émotions. Les tout-petits apprennent avec une facilité incroyable. À travers les chansons, les rythmes et les mouvements, ils absorbent naturellement l’anglais et les notions musicales. Ma fille de deux ans reconnaît déjà plusieurs compositeurs ! Les enfants ont une mémoire sensorielle extraordinaire lorsque l’apprentissage passe par le plaisir. »
Votre pédagogie semble donc très éloignée du cours traditionnel un peu rigide…
« C’était justement notre objectif ! Beaucoup d’adultes nous disent : « Le solfège m’a dégoûté de la musique ». Nous voulions éviter cela. À l’Académie des Petits Musiciens, notre méthode est très vivante : les enfants chantent, dansent, dessinent, découvrent les instruments, les compositeurs, les pays, les cultures. Quand on parle de Mozart, on montre aussi l’Autriche, son drapeau, son univers. Avec Vivaldi, on voyage en Italie. La musique devient une aventure panoramique, pas une suite d’exercices austères. »
Vous associez aussi musique, calcul mental et même échecs. Quel est le lien ?
« Les mathématiques et la musique sont très liées. Il y a le rythme, la structure, la logique. Nous utilisons aussi des méthodes ludiques de calcul mental et des jeux d’échecs adaptés aux petits. Tout cela participe au développement harmonieux de l’enfant. L’idée n’est pas de fabriquer des prodiges en miniature, mais des enfants curieux, confiants et créatifs. »
Vous insistez également sur la scène et les spectacles…
« Oui, parce que jouer sur scène s’apprend aussi. Même les plus petits participent à des concerts accompagnés par des musiciens professionnels. Nous organisons également des spectacles adaptés aux enfants, comme cette année Le Carnaval des animaux, qui sera présenté le 21 juin au Théâtre de la Tour Eiffel. Après le spectacle, un atelier permet aux enfants de découvrir les instruments, les danseuses, les sons. Tout devient vivant, concret, accessible. Nous annoncerons en outre prochainement la programmation 2026-2027, avec des spectacles différents chaque mois à partir de septembre. »
Finalement, quelle est la philosophie de l’Académie ?
« Rendre la musique classique accessible avec joie. Nous voulons que les enfants associent l’apprentissage à l’émerveillement, pas à la peur de mal faire. Quand un enfant entre en musique avec curiosité, il ouvre souvent bien plus qu’une partition : il ouvre sa manière d’écouter le monde. »





